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Sujet : L'homme peut-il être heureux sachant qu'il doit mourir ?

Définitions des termes :
  • homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des homini­dés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.
  • mort : Du latin mors, «mort». Cessation complète et définitive de la vie. Seul parmi les animaux, l'homme se sait mortel: cruelle certitude qui limite son horizon et l'oblige à composer avec sa propre disparition, comme avec celle des êtres auxquels il est attaché. Pour Platon, la mort est un «beau risque à courir». Dans le Phédon, Socrate définit la mort comme la séparation de l'âme et du corps; délivrée de sa prison charnelle, l'âme immortelle peut librement regagner le ciel des Idées, patrie du philosophe. Épicure tient la mort pour un non-événement, puisque jamais nous ne la rencontrons. Tant que nous sommes en vie, la mort n'est pas; et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes plus. Pour Heidegger au contraire, la vie humaine s'inscrit dans la finitude: «Dès qu'un humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir».

Extrait du corrigé : a) Le bonheur implique la paix que la perspective de la mort empêche en instaurant dans l'esprit de celui qui voudrait être heureux, la peur. La mort trouble la perspective du bonheur que l'homme voudrait atteindre. b) Le bonheur d'autre part semble ne pouvoir s'inscrire que dans la durée que la finitude de notre nature contrarie. Aristote pensait le bonheur comme l'état que le contemplatif atteint en consacrant sa vie entière à la pratique de la vertu et de la contemplation. Le christianisme radicalisera cette idée en faisant du bonheur un éternel dans l'au delà. Ces deux éthiques ont en commun de penser le bonheur dans la durée comme un état de pacification intérieure, une ataraxie, qui semble bien surhumaine en tant que telle. c) La finitude contredit la durée en y mettant fin et trouble la paix en plaçant l'avenir sous les signes de l'incertitude et de l'angoisse.  C'est donc semble-t-il que l'homme ne peut connaître le bonheur dans ce monde ci, rien ne garantit qu'il y en est un autre. Problème : Cette crainte si obsédante qu'elle soit, nous pouvons affirmer que l'homme ne la ressent pas à chaque instant. Si la perspective d'un bonheur éternel, ou au moins dans les limites de la durée de l'existence, semble inenvisageable pour l'homme, celle de petits bonheurs éphémères est envisageable.

	L'homme peut-il être heureux sachant qu'il doit mourir ?

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Définitions

  • homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des homini­dés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.
  • mort : Du latin mors, «mort». Cessation complète et définitive de la vie. Seul parmi les animaux, l'homme se sait mortel: cruelle certitude qui limite son horizon et l'oblige à composer avec sa propre disparition, comme avec celle des êtres auxquels il est attaché. Pour Platon, la mort est un «beau risque à courir». Dans le Phédon, Socrate définit la mort comme la séparation de l'âme et du corps; délivrée de sa prison charnelle, l'âme immortelle peut librement regagner le ciel des Idées, patrie du philosophe. Épicure tient la mort pour un non-événement, puisque jamais nous ne la rencontrons. Tant que nous sommes en vie, la mort n'est pas; et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes plus. Pour Heidegger au contraire, la vie humaine s'inscrit dans la finitude: «Dès qu'un humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir».

Problématique

Nous nous interrogeons sur le bonheur et son rapport à la certitude humaine de la mort. L'homme peut-il être heureux sachant qu'il doit mourir ? En effet, hanté par la perspective de sa finitude comment l'homme pourrait-il connaître la paix intérieure, la félicité qui caractérise le bonheur ? De plus le concept du bonheur n'implique-t-il pas la durée que la finitude et la mort menacent ou au moins inquiètent ? Dès lors ne faudrait-il admettre que l'homme ne peut être heureux e sachant qu'il va mourir parce que cette perspective ne peut manquer de dévaluer chacun des instants de bonheur qu'il aurait put connaître ? Pour autant, ne pourrait on considérer que, justement cette finitude essentielle de l'homme, donne un prix inestimable au moindre instant de bonheur et de plaisir ? L'homme n'est-il pas d'autant plus heureux quand il est heureux parce qu'il a parfaitement conscience que le temps de son existence est précieux puisqu'il est limité, et qu'il ne faut pas le perdre ? Dans cette optique l'homme serait d'autant plus heureux pendant ses instants de bonheur parce qu'il aurait le sentiment de la valeur de ses instants si rares dans une vie menacée et si courte, bien que ces instants soient eux-aussi éphémères. Mais plus profondément, ne pourrait-on envisager un moyen pour l'homme de se libérer de sa crainte de la mort sans pour autant tomber dans une forme trop extrémiste de l'hédonisme ? N'y a-t-il pas des moyens de se libérer de l'angoisse sans pour autant s'abêtir dans l'insouciance ? C'est ce que nous tenterons de comprendre en dernier lieu.



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