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Sujet : Est-ce le privilège de l'humanité d'avoir une histoire ?

Définitions des termes :
  • privilège : Avantage.
  • humanité : 1) Caractère de ce qui est humain, qui en constitue l'essence. 2) Ensemble des hommes, le genre humain dans son ensemble.
  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.

Extrait du corrigé : II- L'avènement d'une histoire de l'humanitéa) Ici, le présupposé est que, malgré la diversité des cultures, « l'humanité » est une notion claire ; or, en dehors du fait qu'apparemment cette notion n'existe même pas dans toutes les cultures, que penser de l'idée selon laquelle il y aurait des sociétés ou des peuples sans histoire (cf. Race et Histoire de Lévi-Strauss) ?b) Mais si l'on reconnaissait à toute culture son historicité, l'unité de ces histoires reste problématique ; tissée par l'infinité des histoires que peuples et individus, incessamment, racontent et se font raconter (cf. Schapp), cette histoire ne reste-t-elle pas irréductiblement plurielle et imprévisible, de sorte qu'il faudrait plutôt parler des aventures de l'humanité ? Ou faut-il reconnaître que cette unité est aujourd'hui, à l'ère de la « communication » et d'une économie devenue mondiale, un « fait » accompli, de sorte que c'est seulement aujourd'hui que commencerait véritablement l'histoire de l'humanité ? Et de quel privilège ce fait serait-il alors l'expression ?c) Cette unité relève-t-elle plus que de l'universelle aliénation d'une civilisation dont on peut se demander ce qu'elle a d'« humain » (cf. la dialectique des Lumières telle que la pense Adorno) ? Change-t-elle quelque chose à l'idée que le spectacle de l'histoire est d'abord celui des souffrances de l'humanité ? La mondialisation de l'économie, le fait que soit advenu le temps où toutes les cultures se voient embarquées dans une même histoire, rend d'autant plus urgent le souvenir d'une unité de l'histoire de l'humanité proprement « humaine », à savoir comme tâche éthique - souvenir d'une histoire telle que la pensent en particulier Kant, Cassirer ou Husserl.

Est-ce le privilège de l'humanité d'avoir une histoire ?

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Définitions

  • privilège : Avantage.
  • humanité : 1) Caractère de ce qui est humain, qui en constitue l'essence. 2) Ensemble des hommes, le genre humain dans son ensemble.
  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.

Problématique

Pour démarrer

Toute la difficulté du sujet provient de l'ambiguïté du terme « histoire » : suite d'états qui se succèdent dans le temps, connaissance du passé et des sociétés humaines, devenir de ces dernières, etc. Selon le point de vue, la question posée : « le genre humain pris dans son unité est-il le seul à posséder une histoire ? » acquiert une signification toute différente.

Conseils pratiques

Il est capital de bien préciser les sens du terme « histoire ». N'oubliez pas, par ailleurs, que l'humanité représente elle-même une structure complexe de sociétés et d'individus. Vous pouvez alors développer un plan progressif ou un plan dialectique qui, l'un et l'autre, conduisent à conclure que seul l'homme peut donner un sens à l'histoire, quelle que soit la définition de cette dernière.

Bibliographie

HEGEL, La raison dans l'histoire, 10/18-UGE.
A. KOJEVE, Introduction à la lecture de Hegel, NRF-Gallimard.
M. MERLEAU-PONTY, Sens et non-sens, Nagel.
H. VÉDRINE, Les philosophies de l'histoire, Payot.

Introduction

Le fait d'« avoir une histoire » permet-il, plus que la bipédie, le logos, ou le travail (Hegel), de déterminer la spécificité de l'humain ? Cette distinction peut-elle être pensée comme un « privilège » sans relever d'un anthropocentrisme sommaire ? Car la nature, comme les choses n'ont-elles pas aussi une histoire (cf. Darwin, Bergson) ? Lorsque nous disons que les choses ont une histoire, c'est soit une histoire pour des hommes, soit celle des changements qui s'opèrent dans la nature, l'altération par exemple d'un objet par l'usure du temps. Mais, et second lieu, avons nous une histoire comme nous avons un ordinateur, une maladie, des enfants ?

L’homme a une histoire. Nous avons la possibilité de nous y référer, de l’étudier, de la connaître. Et dans, le même temps, nous l’écrivons. L’homme à une considération d’estime envers son histoire. C’est un privilège pour lu d’avoir une histoire Mais pourquoi ? Pourquoi avoir une histoire est-il un privilège pour l’humanité ? Tout d’abord, est-ce parce que l’on ne peut parler d’histoire hors de l’humanité ? Ou est-ce parce que l’homme peut étudier, apprendre de son histoire ? Mais y a-t-il privilège à avoir une histoire ?

Citations

  • SARTRE: "L'histoire est définie par la reprise intentionnelle du passé par le présent; il ne saurait y avoir qu'une histoire humaine."
  • ENGELS: "Avec l'homme, nous entrons dans l'Histoire. Les animaux eux aussi ont une histoire, celle de leur évolution. Mais cette histoire, ils ne la font pas eux-mêmes."
  • ARON: "Tant que les individus n'ont pas conscience de ce qu'ils sont et de ce qu'ils furent, ils n'accèdent pas à la dimension propre de l'histoire. L'homme est donc à la fois le sujet et l'objet de la connaissance historique."


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