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Sujet : Peut-on s'accorder sur des vérités morales ?

Définitions des termes :
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • accorder : Permettre, donner, offrir.
  • vérité : La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi le jugement : « ce cahier est vert » est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté qualifient donc non l'objet lui-même mais la valeur de mon assertion. La philosophie, parce qu'elle recherche la vérité, pose le problème de ses conditions d'accès et des critères du jugement vrai.
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.

Extrait du corrigé : La disposition à l'action raisonnable peu certes rester virtuelle, ou ne se manifester que de temps à autre ; elle n'en figure pas moins dans l'être. En revanche, les raisons que l'on se donne, et que l'on a, d'agir de telle ou telle façon, restent en quelque sorte extérieures à l'être lui-même. En fait, le mot raison n'a plus du tout le même sens lorsqu'il est au pluriel, et qu'il recouvre, de façon plus ou moins nette, les motifs, voire les mobiles personnels, qu'a un individu d'agir ou de penser comme il le fait. L'adjectif possessif « ses » est ici un élément de relativisation, au regard duquel on soulignera l'exigence d'objectivité qui est évoquée dans l'expression « agir conformément à la raison ». Avoir ses raisons, c'est donc avoir ses motifs personnels, qui peuvent coïncider, ou non, avec des raisons « objectives » (relevant de la raison), mais ne sont pas a priori acceptables comme tels. Être raisonnable, c'est penser et/ou agir conformément aux exigences de la raison, celle-ci étant dotée d'un minimum d'existence objective en tant que faculté de distinguer le vrai et le faux, ou idéal de rationalité dans la conduite de la pensée et de l'action. Dire que l'on a « ses raisons » est donc très équivoque ; on peut toujours s'illusionner sur ses propres motifs, et leur conférer une valeur d'objectivité qu'ils n'ont pas effectivement. Le sentiment d'« avoir raison », tout simplement, se substitue à la conscience des raisons que l'on peut avoir, et l'intolérance n'est pas loin si l'on confond les deux. On peut aussi avoir de « bonnes raisons », ou de « mauvaises raisons », de faire ceci ou cela. Les premières seront appréciées par rapport à une exigence de vérité et d'authenticité, auxquelles les secondes ne satisfont pas.

	Peut-on s'accorder sur des vérités morales ?

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