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Sujet : Le don n'est-il qu'une des formes de l'échange ?

Définitions des termes :
  • don : Le don est par essence libre, il n'appelle pas un acte en retour, ou du moins il n'est pas conditionné par l'attente d'un retour, il n'est pas calculé. Il a sa cause en lui-même et non dans la mise en rapport de deux objets, préalable et constitutive de tout échange. Ce qu'on donne, ce n'est pas quelque chose qui s'échange, ce n'est pas un objet, c'est soi-même, c'est quelque chose qui manifeste la liberté de celui qui donne, sa « grandeur d'âme ». On ne donne pas une chose parce qu'elle est chose mais parce qu'elle est signe. La chose que l'on donne est le signe d'un acte qui est sa propre fin. En ce sens, le don est essentiellement gratuit. Mais cette gratuité est l'expression d'une espérance : le donateur espère que son don sera reconnu comme étant le signe de sa libéralité, de sa «grandeur d'âme». Il espère être reconnu comme un être libre, une personne échappant aux déterminismes et à la loi de l'échange. C'est ainsi que le don impose le respect, crée une dette et appelle une certaine forme de réciprocité.
  • échange : Du latin excambiare, « échanger », «troquer» (de cambiare, «changer »). En droit, contrat par lequel deux parties se donnent respectivement une chose pour une autre. En économie, transfert réciproque de biens ou de services, soit directement (troc), soit indirectement (par l'intermédiaire de la monnaie).

Extrait du corrigé : Ce constat de fait ne présuppose aucun machiavélisme ou aucun égoïsme outrancier ; l'inscription de l'homme dans des relations sociales implique simplement que le don devienne à son tour une réalité sociale, ou presque une obligation sociale. Le don est ainsi ritualisé : et nos calendriers portent la trace de cette ritualisation (fêtes, anniversaires, etc.). En ce sens, il paraît difficile de penser le don hors du cadre de l'échange : non que l'homme soit fondamentalement égoïste et intéressé ; mais le cadre social lui préexiste et ne peut pas ne pas le déterminer.II - Le don comme prestationa) Le sociologue français Marcel Mauss s'est intéressé au don dans les sociétés primitives. Étudiant les tribus du nord-ouest de l'Amérique du Nord, il reprend le vocable chinook du « potlatch », ce qui à l'origine, signifie « nourrir » ou « consommer ». Cette pratique consiste en un don obligé, qui se caractérise à la fois par l'obligation de donner et de rendre ces dons. Mauss met en avant le caractère systématique de ces pratiques, organisées en un système de rivalité : il s'agit de surenchérir sur les dons de l'autre, ce qui explique ce que Mauss appelle l'« allure agonistique » (le combat) de cette prestation. L'enjeu du don est ici l'établissement d'une hiérarchie, d'une supériorité : « donner, c'est manifester sa supériorité », commente ainsi Mauss. On le voit, le don ici n'est aucunement désintéressé.

Le don n'est-il qu'une des formes de l'échange ?

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