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Extrait du corrigé : Alain, professeur de philosophie, journaliste, écrivain se consacre à la diffusion d'une pensée rationaliste qui réfute les courants à la mode au profit de la « grande philosophie » traditionnelle, représentée, selon lui, par Platon, Descartes, Hegel, Comte. Il considère la philosophie comme un instrument de libération où l'esprit maîtrise l'imagination et les désordres de la passion. Cette victoire de la raison, qui est toujours à recommencer, passe par la soumission du corps et le rejet des inerties « qui, si on n'y prend garde, prennent le masque de la pensée. »Aussi Alain refuse-t-il, chaque fois qu'il a à s'exprimer sur ce point, la croyance à l'inconscient. Dans « Eléments de philosophie », il écrit : « L'inconscient est une méprise sur le moi, c'est une idolâtrie du corps. On a peur de l'inconscient ; là se trouve logée la faute capitale. Un autre moi me conduit qui me connaît et que je connais mal. L'hérédité est un fantôme du même genre. » (Livre II, chapitre XVI).Ici la formule est empreinte d'une certaine réserve, mais souvent la dénonciation est beaucoup plus violente.
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Le corrigé du sujet "L'idée d'inconscient exclut-elle l'idée de liberté ?" a obtenu la note de : 









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libre l'idée plus toute science autrement qu'on renoncer recevables dire qu'à comme rend-il fait liberté mort démocratie opinions objectivité pouvons-nous nécessité est-on travailler régimes d'abord raisons partir l'état autrui reconnaissance nous-mêmes d'inconscient connaître d'autant admettre meilleur penser d'agir l'ennemi
Si l'inconscient existe, il est par conséquent actif, agent, et, par conséquent, il existe un déterminisme inconscient. Dans cette hypothèse, il ne faut plus dire "j'agis inconsciemment" encore moins "j'agis consciemment" mais "l'inconscient agit en moi". Ceci contredit l'idée même de liberté, puisque je suis déterminé à agir comme je le fais (lapsus, rêves, actes manqués). L'inconscient me déterminerait donc à mon insu.
Lorsque Descartes énonce : "Je pense, donc je suis", il suppose implicitement, à travers le redoublement du pronom " je ", l'identité du sujet conscient de la pensée et du sujet existant. Or, la psychanalyse met en évidence l'existence d'un psychisme inconscient : certains blocages pathologiques sont nécessairement l'effet de désirs inconscients ; sinon, on ne pourrait absolument pas comprendre que ces blocages disparaissent lorsque ces désirs finissent par trouver une expression consciente. S'ils n'étaient que des affections inscrites dans la matérialité du corps, des " impulsions naturelles " selon la terminologie cartésienne, comment un simple changement du contenu abstrait de ma conscience, toutes choses physiques égales par ailleurs, pourrait-il avoir le moindre effet sur ces symptômes concrets ? La seule activité que Descartes reconnaisse à ce qui est hors de la conscience est purement mécanique, déterminée : sa source ne devrait pas pouvoir " comprendre " qu'elle est devenue consciente. Il existe donc en moi quelque chose d'actif qui agit à mon insu, qui me trompe sur moi-même, comme si j'avais un malin génie pour alter ego.
En distinguant dans le sujet le Ça et le Moi comme deux aspects d'un même psychisme simplement séparés par la barrière de la conscience, Freud propose une explication qui est plus économique que l'opposition cartésienne entre l'âme (substance pensante) et le corps (substance étendue). L'application du même "rasoir d'Ockham" (les substances ne doivent pas être multipliées sans nécessité) que Descartes maniait contre les scolastiques ne peut conduire qu'à préférer l'explication freudienne, qui n'oppose que deux fonctions d'une même substance. Disparaissent du même coup, comme le souligne Freud dans Métapsychologie, "les difficultés insolubles du parallélisme psycho-physique" : on se souvient que Descartes devait invoquer le comportement étrange de la fameuse " glande pinéale " pour rendre compte de l'interaction de deux substances fondamentalement étrangères l'une à l'autre. Si l'homme est un sujet doué d'une conscience, cette conscience n'est pas entièrement réflexive et l'homme ne peut donc être entièrement transparent à lui-même, contrairement au modèle cartésien. Les sciences de l'esprit, de droit, réintègrent ainsi avec Freud les sciences de la nature cad le déterminisme et non la liberté.
Mais il y a une ambiguïté sur le concept même d'inconscient... Il peut se référer à un sens freudien (cf. la deuxième topique ci-dessus), alors il est un lieu psychique. Mais toute une tradition philosophique de Leibniz à Alain en passant par Spinoza a articulé la liberté humaine à une idée sur l'inconscient sans pour autant en faire un "lieu", une "structure" psychique comme Freud mais un négatif, une ombre de la raison.
« La recherche psychologique [...] se propose de montrer au moi qu'il n'est seulement pas mare dans sa propre maison ». Freud, Introduction à la psychanalyse, 1917.
« L'homme comme tout être vivant pense sans cesse, mais ne le sait pas; la pensée qui devient consciente n'en est que la plus petite partie, disons : la partie la plus médiocre et la plus superficielle. » Nietzsche, Le Gai Savoir, 1883.
« L'hypothèse de l'inconscient est nécessaire [...], parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires. » Freud, Métapsychologie, 1952 (posth.)
« Il existe deux variétés d'inconscient : les faits psychiques latents, mais susceptibles de devenir conscients, et les faits psychiques refoulés qui, comme tels et livrés à eux-mêmes, sont incapables d'arriver à la conscience. [...] Nous réservons le nom d'inconscients aux faits psychiques refoulés. » Freud, Essais de psychanalyse, 1923.
Ces faits psychiques refoulés sont en effet soumis à une censure qui évacue hors de la conscience (qui « refoule ») les désirs jugés incompatibles avec les exigences morales du sujet.
« L'inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité. » Freud, L'Interprétation des rêves, 1899.
« Longtemps on a considéré la pensée consciente comme la pensée par excellence : maintenant seulement nous commençons à entrevoir la vérité, c'est-à-dire que la plus grande partie de notre activité intellectuelle s'effectue d'une façon inconsciente. » Nietzsche, Le Gai Savoir, 1883.
« Il faut éviter [...] de croire que l'inconscient est un autre Moi ; un Moi qui a ses préjugés, ses passions et ses ruses; une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre qu'il n'y a point de pensées en nous sinon par l'unique sujet, Je; cette remarque est d'ordre moral. » Alain, Éléments de philosophie, 1941.
« L'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps. » Alain, Éléments de philosophie, 1941.
« La conscience est conscience de part en part. Elle ne saurait donc être limitée que par elle-même.,» Sartre, L'Être et le Néant, 1943.
« L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée. » Lacan, Écrits I, 1966.
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