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Extrait du corrigé : Même s'il devait toujours rester quelque chose d'irrationnel dans l'action, nous n'en devrions pas moins nous efforcer de penser par nous-mêmes : l'ordre spéculatif doit être soigneusement distingué de l'ordre pratique, le jugement de l'action (Cf. Pascal: « j'aurai aussi mes idées de derrière la tête »). L'essentiel est de garder son jugement libre, en se méfiant des passions qu'entraîne toute action, surtout collective. - B - Penser et repenser. Cette liberté de jugement ne peut d'ailleurs s'acquérir qu'à l'école des Maîtres. Il faut commencer par penser par autrui si l'on veut parvenir à penser par soi-même ; mais il convient de ne jamais oublier que, comme le disait Kant: « les élèves doivent aller à l'école, non pour y apprendre des pensées, mais pour y apprendre à penser et à se conduire ». Or il est remarquable que c'est en s'efforçant de penser par lui-même (comme ont fait tous les grands penseurs) que l'individu rejoint le mieux l'humanité. S'il est vrai que tout point de vue est faux, il est vrai aussi que, selon une idée de Hegel, tout système est vrai en un certain sens, qu'il s'agit précisément de découvrir. En lisant les bons auteurs, on découvre ce qu'un écrivain contemporain a appelé « la communauté des grands esprits », c'est-à-dire qu'on s'aperçoit que la vérité est universelle et que chacun peut y parvenir par ses propres moyens. - C - La pensée libre.
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À toutes les époques, on a toujours défini l’homme comme un sujet parlant, mais naturellement l’usage de la parole suppose une certaine activité de la faculté de jugement. Tout de même ce n’est pas parce que l’homme parle, qu’il pense ; c’est-à-dire qu’il soit en mesure de subsumer ses impressions ou ses idées par des concepts. Ce qui nous laisse supposer que la pensée, tout en étant propre à l’homme, possède une certaine spécificité. Ne serait-ce pas parce que l’usage de cette faculté n’est possible que sous conditions ? Car il peut se faire qu’à certains moments historiques la pensée peut-être rare, voire peut disparaître.
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