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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : Avec le « je pense donc je suis », Descartes place la conscience, le sujet, à la racine de toute connaissance possible. La conséquence essentielle est le primat de la conscience, et sa différence d'avec la matière. Redonner à l'homme une place dans un univers infini et vide de Dieu, assurer la dignité de la conscience, et jeter les bases de la science moderne, tels sont les objectifs que la métaphysique cartésienne s'est assignée. Il n'y a qu'une seule évidence, c'est qu'il n'y a pas d'évidence. La démarche cartésienne est séduisante, mais le passage du « je pense » au « je suis une chose pensante » n'est-il pas illégitime? Ne faudrait-il pas dire : je ne puis éliminer ma pensée, donc je suis pour moi une chose pensante ? Autrement dit, que je me connaisse comme être pensant ne signifie pas que mon âme ou ma pensée soit une réalité en soi. On sait qu'aujourd'hui les mathématiciens se méfient des évidences. Méfiance liée à l'apparition, dans la seconde moitié du XIX siècle, d'êtres mathématiques stupéfiants comme les courbes sans tangentes, les courbes remplissant un carré - premiers spécimens, comme le déclare le mathématicien Jean Dieudonné, « d'une galerie de monstres qui n'a cessé de s'amplifier jusqu'à nos jours ». http://www.
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• Le libellé du sujet ne nous invite en aucun cas à produire une dissertation sur les critères de vérité.
• Se demander quelles peuvent être les diverses acceptions du terme « évidence »; les diverses appréhensions de « l'évidence ».
• Article « évidence » du Vocabulaire de la philosophie de Lalande.
« Une proposition est évidente si tout homme qui en a la signification présente à l'esprit, et qui se pose expressément la question de savoir si elle est vraie ou fausse, ne peut aucunement douter de sa vérité. »
« II est nécessaire de mentionner non seulement que la proposition est comprise, mais que la question de savoir si elle est vraie est posée; car il est certain que l'esprit, de quelque manière qu'on explique cette abstention, peut éviter indéfiniment de formuler en termes exprès cette alternative, et par là se refuser à l'évidence. »
« Il ne suffirait pas de dire qu'une proposition est évidente si un homme qui la pense ne peut douter qu'elle soit vraie; car cette impossibilité de douter peut être particulière à son état mental (aliénation, passion, préjugé, éducation, etc.); et le langage usuel distingue avec raison ce qui paraît évident (à un individu) et ce qui l'est effectivement (pour tout esprit). »
• Consulter certains travaux de Bachelard. Cf. le texte suivant : « Parfois nous nous émerveillons devant un objet élu ; nous accumulons les hypothèses et les rêveries; nous formons ainsi des convictions qui ont l'apparence d'un savoir. Mais la source initiale est impure : l'évidence première n'est pas une vérité fondamentale... »
• Voir Descartes (notamment la première et la quatrième
Méditation métaphysique).
« L'évidence est le caractère (ou signe ou critérium) d'une vérité clairement et distinctement conçue qui s'impose à l'esprit. » Lagneau, Célèbres Leçons et Fragments, 1950 (posth.)
« Toute vérité nouvelle naît malgré l'évidence. » Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, 1934.
Préjugé : « Ce qui est jugé d'avance, c'est-à-dire avant qu'on se soit instruit. Le préjugé fait qu'on s'instruit mal. » Alain, Définitions, 1953 (posth.)
« Pour ce que nous avons tous été enfants avant que d'être hommes, et qu'il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs [...], il est presque impossible que nos jugements soient si purs ni si solides qu'ils auraient été si nous avions eu l'usage entier de notre raison dès le point de notre naissance. » Descartes, Discours de la méthode, 1637.
« Qui a une idée vraie sait en même temps qu'il a une idée vraie, et ne peut douter de la vérité de la chose. » Spinoza, Éthique, 1677 (posth.)
« Nous ne prendrons jamais le faux pour le vrai tant que nous ne jugerons que de ce que nous apercevons clairement et distinctement. » Descartes, Principes de la philosophie, 1644.
« Descartes n'ayant point mis d'enseigne à l'hôtel de l'évidence, chacun se croit en droit d'y loger son opinion. » Helvétius, De l'Esprit, 1758.
« On définit la vérité par la conformité de l'intellect et du réel. Connaître cette conformité, c'est donc connaître la vérité. » Saint Thomas, Somme théologique, 1266-1274.
C'est la définition classique de la vérité comme correspondance avec la réalité, ou comme adéquation de l'esprit et de la chose.
« Le recouvrement d'une chose par une représentation ne serait possible que si la chose était, elle aussi, une représentation. Et si la première s'accorde parfaitement à la seconde, elles coïncident. Or, c'est précisément ce que l'on ne veut pas quand on définit la vérité comme l'accord d'une représentation avec quelque chose de réel. » Gottlob Frege, Écrits logiques et philosophiques, 1969 (posth.)
Frege met ici en évidence la circularité de la définition de la vérité comme correspondance avec le réel. En effet, il n'y a correspondance entre un objet et sa représentation que si cette dernière est la réplique exacte de l'objet considéré. Mais comme l'objet et la représentation sont de natures radicalement différentes, on ne peut les faire coïncider exactement. Ainsi cette définition de la vérité laisse le problème entier, puisque reste à préciser le critère d'après lequel on va juger que la représentation est bien en adéquation avec la réalité...
« Le vrai et le faux sont des attributs du langage, non des choses. Et là où il n'y a pas de langage, il n'y a ni vérité ni fausseté. » Hobbes, Léviathan, 1651.
Dire qu'une table est vraie (ou fausse) n'a aucun sens. Il n'y a de vérité que s'il y a jugement; c'est donc seulement à l'intérieur du langage que l'on peut parler de vérité et de fausseté.
« De même que la lumière fait paraître elle-même et les ténèbres, de même la vérité est sa propre norme et celle du faux. » Spinoza, Éthique, 1677 (posth.)
« Le premier [précepte de la méthode] était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle. » Descartes, Discours de la méthode, 1637.
« Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre pensée. » William James, Le Pragmatisme, 1907.
Pour ce représentant du pragmatisme américain, la vérité d'un jugement ne se mesure pas à sa correspondance avec la réalité, mais à l'utilité qu'il présente pour agir efficacement sur cette réalité. Ainsi, une idée n'est vraie pour moi que si elle « me réussit ».
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