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Extrait du corrigé : Machiavel, Sur la première décade de Tite-Live, 1531 (posth.) « La violence se donne toujours pour une contre-violence, c'est-à-dire pour une riposte à la violence de l'Autre. » Sartre, Critique de la raison dialectique, 1960. « Il faut concevoir l'État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé [...], revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. » Max Weber, Le Savant et le Politique, 1921 (posth.) « L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : "Moi, l'État, je suis le Peuple." » Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885. « L'Etat ne poursuit jamais qu'un but : limiter, enchaîner, assujettir l'individu.
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L’un des credo du libéralisme pourrait s’énoncer de la manière suivante: «Moins il y a de politique, plus il y a de liberté. ». Selon cette conception, la liberté se déploie dans le domaine des affaires individuelles, qu’elles soient économiques, culturelles ou religieuses. Le rôle de l’Etat doit, de ce fait, être extrêmement limité. Il suffit qu’il maintienne la sécurité des citoyens et qu’il garantisse la propriété privée. L’Etat, ainsi compris, est un moyen, un moyen au service des fins individuelles. Dans cette perspective, il est légitime de se demander: l’Etat est-il un mal nécessaire aux hommes ? En effet, si l’Etat n’est qu’un moyen, ne peut-on le remplacer par un autre moyen ? De même que pour produire une sculpture on peut préférer le bois (plus tendre et plus souple) a la pierre, ne peut-on envisager de substituer à l’Etat une autre forme d’organisation qui respecte davantage la liberté? Cependant, le problème est peut-être mal posé. Du moins rencontrons-nous ici une réelle difficulté sur quelle idée de l’homme pouvons-nous fonder ce rejet ou cette limitation extrême de l’Etat ? Car, se demander si l’Etat est nécessaire aux hommes exige que l’on s’interroge sur ce que représente ce pluriel : les hommes. Or, il n’est pas impossible que la perspective d’une communauté des hommes ne soit pensable que sur un horizon universel. Or, qu’est-ce qui peut garantir cet horizon, si ce n’est un Etat ? Pourtant, l’Etat est aussi source d’arbitraire et de violence faite aux hommes. Nous nous trouvons alors confrontés à une nécessité extrêmement problématique de l’Etat.
Engels: L'État n'est pas du tout un pouvoir imposé du dehors de la société ; il n'est pas davantage « la réalisation effective de l'idée morale », « l'image et la réalisation de la raison », comme le prétend Hegel. Non, il est un produit de la société parvenue à un degré de développement déterminé ; il est l'aveu que cette société s'embarrasse dans une insoluble contradiction avec soi-même, s'étant scindée en antagonismes irréconciliables qu'elle est impuissante à conjurer. Mais afin que les classes antagonistes, aux intérêts économiques opposés, ne se consument pas, elles et la société, en luttes stériles, il est devenu nécessaire qu'un pouvoir, placé en apparence au-dessus de la société, soit chargé d'amortir le conflit en le maintenant dans les limites de « l'ordre » : ce pouvoir, issu de la société, mais qui veut se placer au-dessus d'elle et s'en dégage de plus en plus, c'est l'État. [...] L'État étant né du besoin de tenir en bride les antagonismes de classe, mais étant né en même temps au milieu du conflit de ces classes, il est en général l'État de la classe la plus puissante, de celle qui a la domination économique, laquelle, par son moyen, devient aussi classe politiquement dominante et ainsi acquiert de nouveaux moyens d'assujettir et d'exploiter la classe opprimée. C'est ainsi que l'État antique était avant tout l'État des propriétaires d'esclaves pour tenir ceux-ci sous le joug, de même que l'État féodal fut l'organe de la noblesse pour asservir les paysans serfs et vassaux, et que l'État représentatif moderne sert d'instrument à l'exploitation du travail salarié par le capital. Par exception cependant, il se produit des périodes où les classes en lutte sont si près de s'équilibrer que le pouvoir de l'État acquiert, comme médiateur en apparence, une certaine indépendance momentanée vis-à-vis de l'une et de l'autre [...] L'État n'existe donc pas de toute éternité. Il y a eu des sociétés qui se sont passées de lui, qui n'avaient aucune notion d'État ni de pouvoirs de l'État. [...] La société qui réorganisera la production sur les bases d'une association libre et égalitaire des producteurs transportera toute la machine de l'État là où sera dorénavant sa place : au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze.
« Ce n'est pas la violence qui restaure, mais la violence qui ruine qu'il faut condamner. » Machiavel, Sur la première décade de Tite-Live, 1531 (posth.)
« La violence se donne toujours pour une contre-violence, c'est-à-dire pour une riposte à la violence de l'Autre. » Sartre, Critique de la raison dialectique, 1960.
« Il faut concevoir l'État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé [...], revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. » Max Weber, Le Savant et le Politique, 1921 (posth.)
« L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : "Moi, l'État, je suis le Peuple." » Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885.
« L'Etat ne poursuit jamais qu'un but : limiter, enchaîner, assujettir l'individu. » Max Stirner, L'Unique et sa propriété, 1845. L'État signifie pour Stirner la négation même de l'individu, de la puissance individuelle, de la propriété individuelle. Dans l'État, le moi se voit contraint de poursuivre des buts collectifs et de respecter des règles qui sont conçues pour s'appliquer à tous. L'État implique la « mutilation » du moi.
« Ce gros Léviathan, qui est fait d'une masse d'hommes, fait voir des pensées d'enfant en bas âge; ou plutôt il ne pense point. » Alain, Propos, 1935. Alain reprend ici la métaphore inaugurée par Hobbes, qui comparait l'État détenteur du pouvoir absolu au Léviathan, monstre marin évoqué dans la Bible.
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