- Sujet : Que peut-on savoir d'autrui ?
- Concepts : Que - peut-on - savoir - d'autrui - - 3058 - autres -
- Extrait du corrigé : Le sujet propose donc un
certain rapport à autrui, celui du savoir, et demande que l'on s'interroge sur
l'extension de ce rapport. Il faudra envisager autrui dans le rapport de
différence et de ressemblance qu'il entretient avec moi : peut-être ne puis-je
savoir d'autrui que ce que je sais de moi-même en tant qu'appartenant à
l'humanité ; il y aurait ainsi une sorte de fonds de contenus psychiques humains
duquel nous participerions tous et que nous serions donc capables de repérer et
de connaître chez d'autres que nous. Peut-être ne puis-je absolument pas
appréhender autrui par la raison, peut-être la perception que j'ai d'autrui ne
passe-t-elle que par l'intuition ou par la croyance. Peut-être puis-je avoir le
sentiment de savoir des choses sur autrui parce qu'il me dit des choses ou se
décrit lui-même, mais cette connaissance est-elle fiable ? Suis-je assuré de ne
pas mal interpréter ce qu'autrui me donne à connaître de lui, par exemple parce
que cette connaissance passe par le filtre de ma propre identité ? Ces questions
ont pour particularité d'hésiter entre une promotion du même et une promotion de
l'autre : c'est cette hésitation qui pourra servir d'appui à la structure du
devoir.
Eléments pour le développement
1°
Autrui comme étranger irréductible
On peut commencer par
considérer autrui comme étant la foule des autres êtres que moi ; ainsi,
Kierkegaard invite à considérer que la foule, c'est le « mensonge » : dans cette
masse d'êtres différents de moi, je ne peux rien trouver à connaître ; cette
masse est une abstraction que je me fais de l'autre en général comme étant tout
ce qui n'est pas moi, mon « moi » reste l'unique référence, je ne peux rien
connaître d'autrui si je ne refuse pas cette abstraction et si je ne me
confronte pas à autrui dans son individualité. La première chose que je peux
donc, et que je dois savoir d'autrui si je veux connaître quelque chose de lui,
c'est qu'il est un individu au même titre que moi : l'appréhension d'autrui
n'est pas possible sans une reconnaissance de sa ressemblance avec moi, au moins
du point de vue de son statut d'individu.
2° La notion d'alter ego :
je peux savoir d'autrui ce que j'ai en commun avec lui
Dans l'Essai sur l'origine
des langues, Rousseau propose de mettre en avant ce que nous avons en commun
entre individus appartenant à l'humanité. Nous imaginons ce que les autres
ressentent, parce que nous savons que nous leurs sommes semblables dans une
certaine mesure.
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