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Extrait du corrigé : Le vrai prince sait user de la force comme un lion, et de la ruse comme un renard. Machiavel conseille en même temps d'instrumentaliser la religion quand il entend faire comprendre que la crainte que procure le prince envers ses sujets rappelle à ses derniers la peur du châtiment : « le lien de la crainte est filé par la peur du châtiment, qui ne les quitte jamais ». Et cette peur est d'autant plus fondée que, profane par nature, les hommes sont enclins à fantasmer la colère divine qui s'abattra sur eux lors de leur jugement. Instrumentaliser ce type de croyance à des fins personnelles de pouvoir et de gouvernement rentre dans la stratégie machiavélienne de maintien de l'unité du pouvoir. On comprend alors, du fait de la conservation individuelle du pouvoir, que gouverner soit un plaisir : « Il faut que le plaisir de gouverner soit bien grand, puisque tant de gens veulent s'en mêler » (Voltaire). Dès lors gouverner implique au moins deux choses, comme l'a bien remarqué Nietzsche. Il souligne déjà le fait que l'homme soit au départ réticent devant l'idée de devoir obéir. Désir de pouvoir ou haine du commandement, voilà ce qui peut pousser les hommes à vouloir être au commande : « Les uns gouvernent pour le plaisir de gouverner, les autres pour ne pas être eux-mêmes gouvernés : - Entre deux maux ils ont choisi le moindre (Nietzsche, Aurore, §181). Gouverner indique alors la possibilité pour l'individu de réaliser sans contrainte extérieure ses désirs les plus enfouis. Au principe de réalité peut se substituer celui de plaisir, pour reprendre une terminologie freudienne, et cela du fait qu'étant au-dessus de la société, l'individu gouvernant peut se défaire de cette oppression quotidienne pour les gouvernés, le monde extérieur.
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On parle de gouverner comme l’action de diriger une nation. On conçoit que le fait de gouverner attire fortement les hommes, puisque cela implique la possibilité de commander, de décider pour la multitude. Mais il importe aussi de souligner que gouverner nécessite une écoute du peuple gouverné, puisque l’on gouverne pour le maintien d’un pays dans son essor tant social qu’économique. Toutefois l’histoire a montré que certains gouvernements pouvaient être illégitimes puisqu’ils favorisaient les désirs d’un seul ou de quelques uns (la tyrannie). Dès lors la place du gouvernant renvoyait au plaisir arbitraire et égoïste qui ne tenait pas compte du bonheur des sujets constitutifs de toute nation. Peut-on alors concevoir un plaisir de gouverner qui marque un progrès total, c’est-à-dire qui se fonde sur des principes républicains inébranlables ?
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