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Sujet : LORSQUE LA VÉRITÉ DÉRANGE, FAUT-IL LUI PRÉFÉRER L'ILLUSION QUI RÉCONFORTE ?

Définitions des termes :
  • vérité : La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi le jugement : « ce cahier est vert » est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté qualifient donc non l'objet lui-même mais la valeur de mon assertion. La philosophie, parce qu'elle recherche la vérité, pose le problème de ses conditions d'accès et des critères du jugement vrai.
  • illusion : Il convient de distinguer les illusions des sens et les illusions intellectuelles. Les premières ont une origine physiologique. Les secondes ont pour fondement les désirs et les passions.

Extrait du corrigé : Le rêve et l'ivressePour bien caractériser l'opposition entre les deux états d'esprit, Nietzsche leur donne des noms de dieux : Apollon représente les arts plastiques (peinture, sculpture et architecture) et Dionysos représente les autres arts (poésie et, surtout, musique). On peut les décrire par deux états de perte de la conscience, à savoir le rêve pour Apollon et l'ivresse pour Dionysos. Dans l'illusion du rêve, la réalité du rêve est convaincante mais laisse cependant l'impression de n'être qu'une apparence. Comme le philosophe se plaît à voir dans la réalité sensible une apparence qui cache une autre réalité, l'artiste apollinien voit dans la réalité du rêve également une apparence.À l'opposé du rêve, l'ivresse brise le principe d'individuation - à savoir ce qui fait que le sujet se perçoit comme un être unique, identique à soi - et fait perdre au sujet la maîtrise de soi ; celui-ci renoue alors avec la nature et ses impulsions originaires. « L' homme n' est plus artiste, il est devenu oeuvre d'art » (chap. 1, p. 30).L'artiste apollinien imite le rêve, l'artiste dionysiaque imite l'ivresse, la tragédie imite les deux à la fois. L'ivresse des Grecs n'avait rien à voir avec les orgies barbares : ils se protégeaient du débordement (hubris) par la mesure apollinienne.

LORSQUE LA VÉRITÉ DÉRANGE, FAUT-IL LUI PRÉFÉRER L'ILLUSION QUI RÉCONFORTE ?

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Définitions

  • vérité : La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi le jugement : « ce cahier est vert » est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté qualifient donc non l'objet lui-même mais la valeur de mon assertion. La philosophie, parce qu'elle recherche la vérité, pose le problème de ses conditions d'accès et des critères du jugement vrai.
  • illusion : Il convient de distinguer les illusions des sens et les illusions intellectuelles. Les premières ont une origine physiologique. Les secondes ont pour fondement les désirs et les passions.

Problématique

Est-on en droit, sous prétexte que la vérité apporte de la souffrance, tant morale que physique, de lui préférer l’illusion qui nous berce dans une douce ignorance ? La vérité est-elle source de souffrance en elle-même ou seulement en tant qu’elle désillusionne l’homme sur le monde et les choses ? N’est-ce pas bien plutôt l’illusion, dans son caractère irréductible, qui peut être source d’illusion ?

            Il faut donc en réalité s’interroger sur le statut de la connaissance : la vérité est-elle apte à rendre l’homme heureux, c’est-à-dire est-elle la réalisation pleine et entière de la nature raisonnable de l’homme si elle n’apporte que souffrance ?



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